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Guide CroftMise à jour: 12 octobre 2026Lecture: 10 min

TRI immobilier : comment le calculer et l'interpréter

Le TRI mesure la rentabilité réelle d'un projet immobilier sur toute sa durée, crédit, travaux et revente compris. Voici comment le calculer, ce qu'il dit que le rendement ne dit pas, et comment lire les TRI qu'on vous annonce.

Voir le TRI de mon projet dans Croft →
Le TRI est le taux annuel qui annule la valeur actuelle de tous les flux du projet.
Avec un crédit, le TRI sur fonds propres peut dépasser largement le rendement du bien.
Un TRI n'a de valeur que si les hypothèses de loyers, de charges et de prix de revente sont lisibles.

Le rendement locatif répond à une question d'année ordinaire: ce bien rapporte-t-il suffisamment par rapport à son coût ? Le TRI répond à une question plus complète: en engageant de l'argent aujourd'hui, en encaissant des flux pendant des années, puis en revendant, à quel taux annuel mon argent a-t-il travaillé ? Un rendement locatif est une photographie; un TRI est un film.

C'est pour cela que le TRI immobilier devient décisif dès que le projet a une vraie structure: un crédit qui muscle la rentabilité des fonds propres, des travaux en milieu de vie, une revente à dix ou vingt ans. Deux biens au même rendement net peuvent produire des TRI très différents selon leur profil de flux dans le temps.

Ce guide donne la définition, la formule et un exemple chiffré complet, puis distingue le TRI à 100 % du TRI sur fonds propres, et termine par les pièges des TRI qu'on trouve dans les brochures. La méthode reste la même partout: tout repose sur la qualité des hypothèses de flux, pas sur la formule elle-même.

Qu'est-ce que le TRI (taux de rendement interne) ?

Le TRI, ou taux de rendement interne, est le taux annuel qui rend égaux l'argent investi au départ et l'argent récupéré ensuite. Autrement dit, c'est le taux de placement que ce projet locatif réalise sur votre capital, en tenant compte du calendrier de chaque flux: apport au jour J, cash flows annuels (positifs ou négatifs), travaux éventuels, et prix de revente net de frais et d'impôt sur la plus-value.

Cette prise en compte du temps change tout. Un euro encaissé dans deux ans vaut moins qu'un euro encaissé cette année, et un projet qui concentre ses gains sur la revente finale n'est pas équivalent à un projet qui produit du cash flow dès la première année. Le rendement locatif, calculé sur une seule année, ne voit aucune de ces différences. Le TRI, si.

Repère de lecture

Si le TRI d'un projet est de 8 % sur dix ans, cela signifie que votre capital investi a travaillé en moyenne à 8 % par an, tous flux compris: loyers nets, fiscalité, crédit et revente. C'est cette moyenne annuelle qui permet de comparer deux projets de durées ou de formes différentes.

La formule du TRI

Le TRI n'est pas une formule qu'on résout à la main comme un pourcentage. C'est le taux qui vérifie l'équation suivante: la somme de tous les flux du projet, chacun ramené à aujourd'hui par actualisation, est égale à zéro.

Définition du TRI
Σ [ Flux(t) / (1 + TRI)^t ] = 0, pour t allant de 0 (apport initial) à n (revente)

En pratique, on calcule le TRI par itération: on essaie un taux, on mesure la valeur actuelle nette, et on ajuste jusqu'à ce qu'elle s'annule. Un tableur ou un simulateur le fait en une seconde.

Ce qu'il faut retenir de cette équation: le TRI dépend entièrement de la liste et du calendrier des flux que vous y injectez. Oublier les frais de notaire, ignorer la vacance locative, oublier l'impôt sur la plus-value à la revente ou promettre une hausse de prix optimiste — chaque hypothèse se traduit directement dans le TRI final. La formule est neutre; les hypothèses, rarement.

Exemple de calcul pas à pas

Prenons un projet simple, sans crédit, pour isoler la mécanique. Vous achetez un appartement 150 000 €, avec 12 000 € de frais de notaire et 8 000 € de travaux, soit 170 000 € engagés au départ. Le bien dégage 4 000 € de cash flow net par an après charges et impôts. Vous le revendez dix ans plus tard 200 000 € nets, après frais de vente et fiscalité.

Flux du projet sur dix ans
AnnéeFlux
0 (achat)-170 000 €
1 à 10 (cash flow net annuel)+4 000 €
10 (revente nette)+200 000 €

Sur dix ans, vous avez récupéré 240 000 € pour 170 000 € investis, soit 70 000 € de gain. Le rendement moyen ressort à environ 4,1 % du capital par an, mais ce n'est pas encore le TRI. En actualisant chaque flux, le taux qui annule la valeur actuelle nette ressort à environ 5,4 %. L'écart vient du calendrier: la revente, qui porte l'essentiel du gain, n'arrive qu'à l'année dix.

Changez une hypothèse et le TRI bouge fort. Si la revente ne se fait qu'à quinze ans au même prix net, le TRI tombe autour de 4,4 %. Si le cash flow annuel monte à 7 000 € et la revente reste identique, il grimpe au-delà de 7 %. Aucun de ces écarts n'apparaît dans un rendement brut affiché à 6,5 %.

Le poste qui pèse le plus

Sur des horizons de dix ans et plus, l'hypothèse de revente est le premier déterminant du TRI, avant les loyers. C'est aussi la plus incertaine. Un TRI annoncé sans hypothèse de revente explicitée (prix, frais, fiscalité de la plus-value) ne veut rien dire.

TRI à 100 % et TRI sur fonds propres

Quand le projet est financé à crédit, il existe deux TRI distincts, et la confusion entre les deux est la source de la plupart des malentendus. Le TRI à 100 %, ou TRI de l'actif, mesure la rentabilité du bien lui-même, comme s'il était payé comptant. Le TRI sur fonds propres, ou TRI investisseur, mesure la rentabilité de votre seule mise de départ, après mensualités de crédit: c'est lui qui vous concerne.

Le levier du crédit peut creuser l'écart dans les deux sens. Si le bien rapporte davantage que le coût du crédit, les fonds propres travaillent plus vite que l'actif, et le TRI investisseur dépasse le TRI à 100 %. Si le crédit coûte plus cher que ce que le bien produit, le levier détruit de la rentabilité, et le TRI sur fonds propres s'effondre, parfois en dessous du TRI de l'actif.

Même bien, deux lectures
MesureCe qu'elle répond
TRI à 100 % (actif)Le bien, payé comptant, rapporte-t-il un bon taux sur son prix ?
TRI sur fonds propresMon apport personnel travaille-t-il à un bon taux, crédit inclus ?
Rendement net annuelL'exploitation d'une année ordinaire est-elle saine ?

Les brochures commerciales affichent presque toujours le plus flatteur des deux, souvent le TRI à 100 % avec une hypothèse de revente optimiste. Quand on vous annonce un TRI, la première question à poser est donc: sur quels flux, financé comment, et avec quelle revente ?

TRI, rendement, cash flow: qui décide quoi ?

Les trois indicateurs ne sont pas concurrents, ils répondent à des questions différentes. Le rendement trie les annonces. Le cash flow vérifie que vous survivrez aux mauvais mois. Le TRI arbitre entre des projets complets, avec leurs calendriers et leur sortie.

Rôle de chaque indicateur
IndicateurQuestion à laquelle il répond
Rendement brut / netCe bien rapporte-t-il assez par rapport à son coût ?
Cash flow mensuelLe projet me coûte-t-il de l'argent chaque mois ?
TRISur toute la vie du projet, mon capital travaille-t-il à un bon taux ?

Un TRI élevé ne pardonne pas un cash flow tendu: un projet dont la rentabilité repose entièrement sur la revente peut exiger des apports mensuels pendant dix ans. À l'inverse, un bon cash flow sur un bien sans valorisation peut produire un TRI médiocre malgré des années tranquilles. La décision sérieuse se prend quand les deux se vérifient ensemble.

Les pièges des TRI qu'on vous annonce

Le TRI est devenu un argument de vente, notamment dans les programmes neufs et les supports de gestion de patrimoine. Quelques réflexes permettent de remettre chaque chiffre dans son contexte.

  • TRI calculé sur le prix seul: frais de notaire, mobilier et travaux exclus, le TRI gagne un à deux points sans que rien n'ait changé.
  • Hypothèse de revente implicite: une hausse de prix annuelle de 3 % contre 1 % peut faire varier le TRI de plusieurs points sur dix ans.
  • TRI fiscal: certains montages comptabilisent l'économie d'impôt comme un flux, ce qui compare un projet aidé à un projet sans aide de façon peu lisible.
  • Revente sans frais ni fiscalité: les frais de vente et l'impôt sur la plus-value peuvent amputer le flux final de 10 à 20 %.
  • Flux annuels moyens lissés: si le TRI suppose des loyers constants sans vacance ni travaux de remise en état, il décrit un projet qui n'existe pas.
La bonne question

Devant un TRI annoncé, demandez toujours la liste des flux: mise de départ, cash flows annuels, travaux, revente nette. Un TRI sans ses flux n'est pas un chiffre, c'est une promesse.

Calculer le TRI de votre projet

Le simulateur Croft calcule le TRI de votre projet à dix et vingt ans, avec le crédit, les frais d'acquisition, les charges, la vacance et votre régime fiscal intégrés dès le départ. Vous pouvez comparer plusieurs régimes sur le même bien et voir comment le TRI bouge si vous allongez la durée de détention ou modifiez l'hypothèse de revente.

  • Comparer le TRI à dix et vingt ans sur le même scénario.
  • Voir l'enrichissement net total du projet, crédit et fiscalité compris.
  • Relire le même projet en rendement annuel et en TRI, deux lectures complémentaires.
Bon réflexe

Simulez le projet une fois avec vos hypothèses, puis une seconde avec une revente plus prudente et une vacance plus forte. Si le TRI reste acceptable dans le scénario prudent, le projet est solide.

Questions fréquentes

FAQ

Qu'est-ce que le TRI en immobilier ?

Le TRI (taux de rendement interne) est le taux annuel qui annule la valeur actuelle de tous les flux d'un projet: apport initial, cash flows annuels, travaux éventuels et revente nette. Il mesure à quel taux annuel votre capital a réellement travaillé sur toute la durée du projet.

Comment calculer le TRI d'un projet locatif ?

Listez tous les flux avec leur année: mise de départ en négatif, cash flows annuels, puis revente nette de frais et de fiscalité. Le TRI est le taux qui rend leur valeur actuelle nulle. À la main, on le trouve par itération; un simulateur ou un tableur le calcule immédiatement.

Quelle différence entre TRI et rendement locatif ?

Le rendement locatif compare le loyer annuel au prix du bien, sans notion de temps ni de revente. Le TRI prend en compte tous les flux et leur calendrier sur toute la durée de détention. Deux biens au même rendement peuvent avoir des TRI très différents selon leurs travaux et leur revente.

Quel est un bon TRI pour un investissement locatif ?

Il n'existe pas de seuil universel, mais en pratique un TRI sur fonds propres de 6 à 10 % par an sur dix ans est souvent considéré comme un bon résultat pour un projet locatif classique, avec un niveau de risque maîtrisé. Ce qui compte le plus, c'est de comparer des TRI construits sur les mêmes hypothèses.

Pourquoi le TRI annoncé par un promoteur est-il élevé ?

Parce qu'il est souvent calculé sur le prix seul sans frais, avec une hypothèse de revente optimiste, et parfois sur l'actif plutôt que sur vos fonds propres. Avant de comparer, demandez la liste des flux qui composent le TRI: financement, travaux, revente nette et fiscalité.

Passez de la théorie au chiffre

Votre projet ne ressemble jamais à la moyenne de marché

Le bon rendement, le bon régime fiscal ou le bon niveau de cash flow dépend du bien, du crédit, des travaux, de votre TMI et de votre stratégie. Le simulateur Croft vous permet de tout comparer sur un seul scénario.

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